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Attention à la noix du Brésil


Risque de surdosage en Sélénium avec la noix du Brésil

La noix du Brésil est un aliment quasi miraculeux, qui a la réputation de protéger du cancer de la prostate et du sein.

La noix du Brésil, c’est délicieux.

Sa teneur en sélénium en fait un super aliment et aussi sa nocivité en cas d'excès.


Nous avons besoin de sélénium

Le sélénium est un oligo-élément indispensable au bon fonctionnement du corps.

Il combat la « rouille » de vos cellules, que les spécialistes appellent « stress oxydatif », en produisant une enzyme très importante : le glutathion peroxydase.

C’est cette enzyme qui, avec la vitamine E, protège les cellules de l’oxydation.

C’est donc un allié antivieillissement très important !

Le sélénium participe également au bon fonctionnement du foie, et à l’élimination des métaux lourds. Il soutient le système immunitaire et assure la bonne marche de votre thyroïde.

Son rôle dans la fertilité est aussi prouvé : il permet une meilleure mobilité des spermatozoïdes et réduirait les risques de fausse couche.

Le problème avec le sélénium

Malheureusement, notre corps ne produit pas naturellement de sélénium.

Le seul apport possible est alimentaire.

C’est pourquoi la carence en sélénium est fréquente. Un symptôme classique d’une telle carence, c’est la diarrhée chronique.

En Europe, un faible taux de sélénium a été associé à une augmentation importante du risque de carcinome hépatocellulaire, le cancer du foie le plus courant.

Pourquoi je précise « en Europe » ?

Parce que le sélénium se trouve dans le sol. La richesse en sélénium de nos aliments dépend donc du sol où ont poussé les céréales, les fruits et les légumes que nous consommons.

Or, les sols européens sont pauvres en sélénium.


La noix du Brésil, championne du monde du sélénium

Consommer des noix du Brésil semble une bonne façon d’éviter une carence.

Car une noix de 5 g comprendrait en moyenne 95 microgrammes de sélénium, ce qui est de loin supérieur à tous les autres aliments réputés riches en sélénium : les huîtres, le thon et les abats de volaille.

Le noyer du Brésil, dont provient la célèbre « noix », produit de gigantesques fruits à coque.

Chacun peut contenir une douzaine de graines ou plus. Ces graines sont les fameuses « noix du Brésil » :

Comme ces arbres poussent sur un sol naturellement riche en sélénium, leurs graines le sont aussi.

« Il suffit donc de manger des noix du Brésil pour ne pas être carencé en sélénium ! C’est formidable ! ».

Mais ce n’est pas aussi simple.

Le sélénium devient vite un poison…

Les apports journaliers recommandés en sélénium sont de 70 microgrammes pour les hommes, et de 60 microgrammes pour les femmes.

Et si on dépasse les doses ?

Eh bien, le sélénium devient rapidement toxique.

En septembre 2018, une étude listait les manifestations d’une intoxication au sélénium :

  • la perte des cheveux ;

  • des lésions aux ongles ;

  • des lésions de la peau ;

  • un état de fatigue prononcé ;

  • des maux de tête.

Vous pouvez peut-être faire le lien avec des maux de tête après avoir consommé des poignées entières de noix du Brésil !

Et encore, une migraine n’est qu’un signal !

Un excès de sélénium augmenterait, à terme, le risque de maladies bien plus graves :

  • le diabète de type 2 ;

  • les maladies cardiovasculaires ;

  • et même le cancer !

Selon la quantité que vous mangez, le sélénium peut donc vous protéger du cancer… ou vous y exposer davantage !!!

À partir de quelle quantité journalière le sélénium devient-il toxique ?

L’étude qui portait sur le diabète de type 2 montrait une augmentation du risque à 200 microgrammes par jour !

Certaines autorités sanitaires ont fixé à 400 microgrammes la dose de toxicité – soit le double.

Si l’on se rapporte au tableau déjà cité de Passeport Santé, il suffirait de consommer 3 noix du Brésil par jour pour faire grimper le risque de souffrir de cette maladie !

Il est impossible de connaître la teneur en sélénium d’une noix du Brésil !


Vous ne pouvez pas vous fier à la « teneur moyenne en sélénium » d’une noix du Brésil telle que décrite dans les classements sur Internet.

Car la teneur en sélénium connaît des variations absolument folles d’une récolte à l’autre.

Une étude menée il y a deux ans sur des noix du Brésil récoltées dans différentes parties de l’Amazonie révélait que, selon la région où elles sont cultivées, leur teneur en sélénium variait… de 2 mg/kg à 68 mg/kg !

Ainsi, une seule noix du Brésil récoltée dans l’état du Mato Grosso couvre 11 % des apports journaliers recommandés en sélénium, tandis qu’une autre noix récoltée, elle, dans l’état de l’Amazonas couvrirait… 288 % de ces mêmes besoins !

À un tel niveau, on a dépassé le seuil de toxicité depuis longtemps !

Dans l’idéal, il faudrait pouvoir connaître la teneur des noix en Brésil que l’on mange.

C’est impossible.


La teneur en sélénium, Ni même la provenance ne figurent jamais sur les emballages des sachets contenant des noix du Brésil.

Donc ATTENTION !

Alors voilà le résultat :

  • il faudrait manger 10 noix aux teneurs les plus faibles pour atteindre le seuil journalier recommandé ;

  • avec 4 ou 5 noix aux teneurs les plus fortes, on dépasserait le seuil de toxicité.

Face à cette impasse, je vous suggère de manger quatre ou cinq noix grand maximum dans une journée, et surtout de ne plus en manger tous les jours.


Prenez soin de vous !


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