• Rose

Haro sur le paracétamol...!


On connaît depuis 50 ans les dégâts causés au foie par une surdose de paracétamol (plus de 4 g / jour, soit 4 comprimés de Doliprane 1000). Une étude d’observation menée dans un service britannique de transplantation du foie a montré que 66% des patients avaient été admis à la suite d’une overdose de paracétamol.


Seulement ce qu’on découvre aujourd’hui, c’est que le paracétamol n’est pas dangereux qu’en cas de surdose.


D’après une revue d’études publiée dans Annals of the Rheumatic Diseases, la prise de paracétamol aux doses conseillées augmente de 23 % le risque de mortalité !


Il est encore plus grave de dépasser légèrement mais souvent la dose maximale conseillée.


Le problème, comme l’explique le Professeur Jean-Paul Giroud, de l’Académie de médecine, est que même en étant extrêmement vigilant, on peut dépasser la dose maximale sans le savoir :


« Il existe 200 médicaments qui contiennent du paracétamol, je suis spécialiste des médicaments depuis 50 ans et je suis incapable de tous les citer ».


Conclusion :


« Si vous en prenez deux, par exemple l'un prescrit par un médecin et l'autre en automédication, vous pouvez vous retrouver à des doses supérieures à 4 grammes par jour ».


Un grand professeur de médecine qui reconnaît qu’il a du mal à s’y retrouver lui-même !! C’est dire si le patient ordinaire n’a absolument aucune chance de savoir où il en est dans sa consommation de paracétamol.


Dans une étude récente portant sur des patients dont le foie était sévèrement endommagé, ceux qui avaient consommé chaque jour un peu trop de paracétamol avaient plus de risque de mourir que ceux qui avaient été hospitalisés pour un seul surdosage grave.


L’ironie cruelle est que ces personnes prenaient régulièrement du paracétamol pour soulager des douleurs chroniques, alors même que son effet antalgique (antidouleur) serait proche de celui d’un placebo face à certaines douleurs comme la lombalgie et les douleurs articulaires de l’arthrose.



Chez la femme enceinte, le paracétamol est à éviter fortement : non seulement il augmente le risque d’asthme de l’enfant, mais il accroît aussi son risque de troubles du comportement et d’hyperactivité, ainsi que d’infertilité et de cancer des testicules chez les garçons ;


D’autres éléments montrent que sa consommation régulière pourrait augmenter la tension artérielle et la survenue de problèmes cardiovasculaires, en particulier chez les femmes :


Les femmes qui prennent plus de 15 comprimés par semaine auraient un risque de crise cardiaque augmenté de 68%. Or 15 comprimés par semaine, c’est encore deux fois moins que le maximum autorisé !


Cerise sur le « gâteau », un effet secondaire beaucoup plus inattendu vient d’être révélé il y a quelques mois par une étude, où les patients qui avalaient 1 gramme de paracétamol voyaient leur capacité d’empathie baisser, entraînant une baisse de leur sensibilité à la souffrance d’autrui.



Alors, que faire contre la douleur !!



Contre la douleur, je conseille toujours de « penser plantes », tant on trouve dans la nature des solutions nombreuses et adaptées à différents types de douleurs.



Le curcuma, par exemple, a montré une puissance égale à la cortisone et l’ibuprofène, rien que ça !


Près de 6000 études ont montré qu’il diminue la synthèse des médiateurs de l’inflammation, régulent leur activité et agit significativement sur la douleur articulaire, la polyarthrite rhumatoïde et la goutte (2g pendant 6 semaines).


Il est également actif en cas de syndrome du côlon irritable, de douleurs prémenstruelles et de blessures.


Un point particulier cependant : certains bénéfices du curcuma peuvent apparaître en utilisant l’épice en cuisine, mais PAS son effet antidouleur.


Le gingembre, lui, est connu pour ses effets sur les nausées, mais quelques essais cliniques ont montré ses bénéfices pour les douleurs prémenstruelles modérées à sévères (à prendre 2 jours avant les règles sur une période de 5 jours).



Il serait également efficace dans les douleurs musculaires, articulaires avec des bénéfices supérieurs à ceux des médicaments après trois mois de supplémentation! La dose minimum est de 500 mg par jour.


Ici, l’utilisation en cuisine, à condition d’être très fréquente, peut suffire à obtenir un effet antidouleur.


Intéressant aussi, le cataplasme au gingembre. Pour le préparer, amenez une petite casserole d’eau à ébullition et ajoutez 2 cuillères à café de gingembre en poudre, laissez tiédir. Plongez une compresse dans la préparation, laissez-la s’imprégner, essorez et appliquez-la sur la peau (pas trop chaude !). Recouvrez avec une serviette éponge, et laissez agir 30 bonnes minutes.


Le médicament oublié contre la douleur


Longtemps avant qu’on parvienne à synthétiser l’aspirine, en 1899, on utilisait l’écorce de saule blanc pour réduire l’inflammation et soulager les douleurs.


Vous le savez sûrement, l’aspirine n’est rien d’autre que la forme synthétique d’un de ses principes actifs de l’écorce de saule, la salicine. Une vingtaine d’autres plantes comprennent des composés de la même famille, en particulier la reine-des-prés et la gaulthérie.


Les études les plus sérieuses sur ses effets bénéfiques mentionnent les douleurs lombaires et l’arthrose.


En Allemagne, la commission E. (commission qui évalue l’efficacité des plantes) reconnaît également son usage traditionnel contre la fièvre et les maux de tête. La dose efficace se réfère au dosage en salicine compris entre 60 et 240 mg de salicine par jour.


Les acides gras oméga-3 EPA et DHA font partie des substances les plus documentées avec des effets notables sur les douleurs articulaires chroniques.

Dans les douleurs cervicales et/ou lombaires, la prise d’omega-3 a apporté un soulagement très net à 60 % des patients.


La plupart des études suggèrent une dose comprise entre 1,5 g et 3 g selon la sévérité de la pathologie, avec des effets se manifestant après 2 à 3 mois de supplémentation.


La racine de l’harpagophytum (ou griffe du diable), est utilisée comme antalgique et pour lutter contre la fièvre. C’est LA plante contre les douleurs articulaires, avec de nombreuses études qui ont montré sa capacité unique de réduire le niveau de cytokines, les agents d’inflammation.


Avec l’harpagophytum, la douleur régresse de 25 à 45 % alors que la mobilité augmente d’autant. Prendre 480 mg d’extrait de plante (50 à 100 mg d’harpagoside, son principe actif).

Prudence tout de même en cas d’ulcère ou de gastrite : la plante peut être agressive pour l’estomac.



Enfin, la mélatonine est de loin la plus efficace contre toutes les douleurs neuropathiques. Ses effets sont comparables à ceux de la morphine, mais sans accoutumance ni effet secondaire.


Il s’agit d’une hormone naturellement produite par le cerveau surtout connue pour réguler le cycle veille-sommeil, il faut donc la prendre le soir, 30 minutes avant de se coucher (jusqu'à 2mg). De très bons résultats ont été obtenus pour soulager la fibromyalgie, l’endométriose, le côlon irritable, les douleurs du cancer, etc.


Rien n'est plus efficace pour réduire et soigner les douleurs de l'âme que la compassion et l'empathie envers les autres...Ayant une véritable réciprocité, les bons sentiments disséminés autour de soi, agissent autant sur l'auteur que le receveur.


Le soutien, l'écoute et l'ampleur du pouvoir de la pensée positive, suffisent à guérir de certaines petites douleurs…


La vie est dans la santé, non dans l'existence ...

(Ariphron De Sicyone)



Rose Graïa Naturopathe / Hypnothérapeute




Article écrit avec la collaboration de Gabriel Combris

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